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L'album "T" chroniqué dans CROSSroads (mars 05)
Crossroads N° 30 Mars 2005

"T" le dernier album des Troubadours du Désordre

 
Les Troub's, ce ne sont pas vraiment des p'tits nouveaux qui débarquent. Des concerts, ils en ont un pacsif dans leur musette. Et des musettes, euh... Une à chaque concert. Nan j'déconne ! Donc, les Troubadours du Désordre, c'est le genre de groupe qui met vingt ans avant de se faire connaître du jour au lendemain. Il semblerait donc que Le Jour soit arrivé et on souhaite évidemment qu'il ne soit pas sans lendemain.... Alors comme on aime bien vous faire partager nos coups de coeur, on y va de notre chronique. Les Troubadours c'est avant tout Mlle Chomb et Dom Kiris. Cursus normal. Année 80 groupe de rock (Profession Reporter), puis duo (Mlle Chomb et Dom Kiris, duo à la ville comme à la Seine. Et à la scène aussi !) acoustico/guinguette où ils réinventent le concept de chanteurs de rues. Puis, des musiciens qui commencent à s'imbriquer dans l'histoire séduits par l'originalité des compositions et par l'esprit "troubadouresque". Il y a aussi un dessinateur, Jean Preux, qui a su mettre en croquis, façon BD, les tribulations (sur le site), les pochettes des disques, affiches et autres flyers qui illustrent au plus serré la poésie des deux amants, qu'elle vienne des faubourgs parigots où traînent les Apaches ou bien des ports bretons où s'arsouillent les matafs... Avec ce six titres, les Troubadours continent d'explorer ce blues/guinguette festif qui séduit une foule croissante tombée sous le charme de ces musiciens, flibustiers au grand coeur. Mais aujourd'hui ils le mixent de jazz manouche, de violon tzigane, de samples futuristes, de blues urbain, un pied au Balajo l'autre sur les highways ricaines qu'elles soient 61 ou 66. Et la réussite de ce grand écart inter-culturel provient de la spontanéité de l'ensemble. Outre les textes qui croquent avec justesse des bouts de vie, des histoires du quotidien, la tendresse et l'humour qui les habitent dévoilent l'âme de ces Troubadours. Et ces chansons, ces bouts de vie, sont merveilleusement bien servis par des mélodies imparables arrangées aux petits oignons. Et puis, la cerise sur le tôga, c'est que ces morceaux sont chantés par l'une des plus belles (et plus puissantes) voix que le rock (et la chanson) nous ait donné depuis des lustres. Mlle Chomb ne se contente pas de chanter. Elle sublime tous les titres d'une manière qui force le respect. Un jour on dira La Chomb, comme on dit déjà la Joplin ou La Môme Piaf; On parie ?
Jean-Do Bernard